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Minijupes, twist, yéyé et Scopitone

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La France en noir et blanc du général de Gaulle et les mères de famille qui se pâmaient pour Luis Mariano et Tino Rossi ignoraient que ces derniers seraient bientôt relégués au rang de dinosaures …

Eh oui, des millions d’adolescents, issus du baby-boom, allaient rapidement régner sur le pays. Ils s’appellent alors entre eux « les copains », rebaptisent leurs parents du terme peu flatteur de « croulants », vénèrent les « idoles » et fréquentent pieusement un temple voué au dieu rock’n roll : le Golf Drouot …

Là, des garçons à la banane provocante et aux allures de cow-boys chantent leur rage de vivre à la manière d’Elvis, tandis que des filles aux voix acidulées et aux jupes de plus en plus courtes s’intègrent peu à peu à la bande. La célèbre « mini » est dans l’air … Elle fera son apparition en 1965, lors d’un défilé d’André Courrèges, avant d’être vraiment lancée un an plus tard par Mary Quant.

Premier signe avant-coureur de mai 68 et de la libération de la femme, la minijupe, qui fait scandale – même si ces messieurs obser­vent, ravis, cette floraison de jambes nues -, sera très vite adoptée par toutes les copines. Les yé-yé vont tout balayer. Ensemble, ils vont faire vibrer l’Olympia à en casser les fauteuils.

« Ils », c’est Johnny Hallyday, Richard Anthony, les Chaussettes Noires, les Chats Sauvages, Sylvie Vartan, Jacques Dutronc, Françoise Hardy, Frank Alamo, Lucky Bion­do, les Surfs, Michèle Torr, France Gall, Claude François, et tous les autres … Tous ces copains, avec leur musique et leur nou­velle manière de vivre, vont définitivement changer la face de l’Hexagone.

Aujourd’hui, la nostalgie étant ce qu’elle est, les idoles ont pris comme un coup de jeune. Et cet été, SLC Salut les copains -, va réunir sur les petits écrans la génération du clip et celle du Scopitone. Oh, yeah …

Emmanuelle BACH

Magazine : Ici Paris Magazine
Date : Juillet 1996
Numéro : 2661

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