Évidemment : Les années Warner de France Gall

Evidemment est une compilation considérée comme une (presque) intégrale des années Warner, parue initialement en CD, en octobre 2004, sous la forme de plusieurs disques et coffrets.

Compilations
5 octobre 2004

Remastering : Bruck Dawit, J.C.
Fabrication : Warner Music Manufacturing Europe
Paroles et musique Michel Berger, sauf Donner pour donner : paroles de Michel Berger et Bernie Taupin, musique de Michel Berger
Éditions Apache France
c/o Universal Music Publishing France
Design Labomatic
Peinture Jacques Pamel (Tiphaine Illustration) d’après des photographies de Kate Barry
Coiffure Frédéric Kebbabi
Remerciements C.M.B.M. : Warner Music, Thierry Chassagne, Yan-Philippe Blanc, Alain Veille, Thibault Deboaisne, Maître Sylvain Jaraud, Geneviève Salama, Kate Barry, Jacques Parnel, Pascal, Nicolas et Frédéric de Labomatic, J.C. et l’équipe de Translab.
Remerciements WEA Music : Un grand merci à France Gall, Raphaël Hamburger et Bruck Dawit. Ainsi qu’à Frédéric, Nicolas et Pascal de Labomatic.
Remasterisé et compilé par J.C. à Translab avec Bruck Dawit, décembre 2004
Printed in EU.

Les promos

Les éditions

Evidemment est une compilation parue initialement en CD, en octobre 2004, sous la forme de plusieurs disques et coffrets.
En 2019 et 2020, la compilation Évidemment est rééditée au format double vinyle avec des éditions spéciales (disque blanc, gris transparent, noir).

Les premières éditions en CD de 2004 contenaient deux titres inédits : Une femme, tu sais et La seule chose qui compte.

Le parcours musical de France Gall, unique dans le paysage artistique français des 30 dernières années et indissociable du trajet de Michel Berger, est ici résumé à travers ses étapes-clé. Un seul chiffre résume cette aventure incroyable qui lie le public français à France Gall: plus de 20 millions de disques vendus en France …

Éclairage de France Gall sur les titres clés :

Quand nous avons commencé à travailler sur ce projet au long cours d’anthologie, est venue au fil des discussions l’idée que France Gall apporte directement ses témoignages sur les grands moments de sa carrière. France s’est volontiers prêtée au jeu, troquant sans complexes son micro contre une plume pour nous offrir un éclairage inédit sur les titres-clés de son parcours musical. Anecdotes sur les enregistrements, secrets de fabrication, souvenirs et impressions personnelles se mêlent ici pour notre plus grand bonheur, reconstituant un portrait en creux des années Warner de France Gall.
Thibault Deboaisne, WEA

LA DÉCLARATION D’AMOUR

Premier disque, première chanson. J’attendais tellement de cette première fois que quand il m’a joué la chanson au piano, j’ai été… comment dire … un peu déçue. Je rêvais d’une chanson rythmique, et me voilà avec une sensuelle déclaration. Le jour du studio, j’étais un peu tendue. Après une ou deux prises, Michel était content. Dans, la foulée, il me demande d’écrire un texte parlé sur l’ad lib de la fin comme si j’avais fait ça toute ma vie, écrire ! Il s’est rendu compte qu’il manquait un solo de guitare à 2 heures du matin. Effondré, il ouvre la porte du studio et croise un guitariste qui travaillait à côté et qui rentrait chez lui. En un quart d’heure, la guitare de Jean-Pierre Castelain s’imprimait sur la bande 16 pistes où le piano de Michel, omniprésent, donne à lui seul le balancement bien particulier de cette chanson, qu’il avait au départ écrite pour lui. Premier cadeau . Le public a été là tout de suite.

COMMENT LUI DIRE

Premier titre de mon premier album avec Michel. Faire un album, ça vous pose là. On passe à un niveau supérieur. On a de la place pour s’exprimer. Je lui disais “Qu’est-ce que tu vas écrire ?”, il me répondait “Je sais très bine ce que je vais faire”.

SAMBA MAMBO

Des mots qui sonnent peut-être plus qu’ils ne disent. Pour moi, Michel est le premier à avoir fait balancer la langue française sur la musique.

MUSIQUE

Titre-phare de mon deuxième album. C’est un hymne à la musique. C’est rare quand il y a une telle osmose entre les musiciens et un chanteur. Notre plaisir de jouer se sent. On notera le jeu d’André Ceccarelli à la batterie, mélange de tension et d’énergie gaie, qui me permet de chanter en toute liberté. Au soir de I’enregistrement de ma voix sur cette chanson, Michel me demande de trouver une improvisation vocale au milieu et sur toute la fin. Je m’appuie sur les claviers, et je me lance. Douce douce musique …

SI, MAMAN, SI

On s’est tous retrouvés dans cette chanson.

IL JOUAIT DU PIANO DEBOUT

Moi, je ne savais pas que ce serait si énorme cette chanson en la chantant en studio. Je ne pense jamais à ça avant que le public ne décide. Michel avait organisé un petit-déjeuner à la Tour Eiffel avec les médias pour la sortie de l’album Paris, France, dont Il jouait du piano debout était le premier extrait. Cette chanson sur la différence, inspirée par Jerry Lee Lewis, sera N°1 tout l’été.

DONNER POUR DONNER (EN DUO AVEC ELTON JOHN)

On traverse le monde pour aller au rendez-vous qu’Elton John nous avait donné genre 15 août 1980, studio Sunset Sound, L.A., Californie. Michel, pas perturbé du tout par le fait que je sois tombée enceinte quinze jours avant, dirige les séances, et avec les musiciens d’Elton cherche une couleur pour ne pas trop le déstabiliser; déjà qu’il va chanter une chanson écrite par quelqu’un d’autre. Bernie Taupin est dans un coin. On vit un rêve. Ce disque est ce qu’il est : la concrétisation d’un rêve.

RÉSISTE

Celle-là, je ne l’ai pas vue venir. Le quatrième album était prêt. À la dernière écoute avant le pressage, Michel a eu un doute sur la force

de l’ensemble. En rentrant dans son garage de Rueil-Malmaison qui lui servait provisoirement de pièce pour le piano, il écrit en deux jours Résiste et Tout pour la musique, les deux chansons finalement porteuses de l’album et de la scène. Trop fort, Michel !

TOUT POUR LA MUSIQUE

On bénit le ciel quand une chanson comme ça arrive. On n’est pas loin de la perfection. Un petit bijou. Michel et moi, on se balade sur l’ad lib de la fin avec un plaisir rarement égalé. Tout est harmonie, dans cette chanson qui parle des musiciens.

DÉBRANCHE !

Est-ce un voyage en Chine Populaire l’été 1982 qui a été le déclic pour écrire ce texte? Ça ne m’étonnerait pas. Le retour aux plaisirs simples. Le refus de l’envahissement par des machines. Se rapprocher de l’être humain, de l’autre. Pour cet album, au revoir le piano de Michel, bonjour les synthés, on change tout. Un autre son, direction Conway Studio, Hollywood, Californie. On a souffert pour cet album. On a mis du temps pour le finir. Cette chanson Débranche a comblé mes espérances. Sortie en premier single de l’album Débranche.

CALYPSO

Lio et Alain Chamfort dans les chœurs, deux super potes de l’époque. C’est même elle qui a suggéré les petites phrases en espagnol de la fin qui me font rire !

HONG-KONG STAR

Voir à la télé à Hong-Kong des chanteurs copiant physiquement et artistiquement les Américains sans chercher à imposer leur propre culture avait rendu Michel triste et en colère, d’où ce texte que les Chinois de France ont très mal pris. Gros succès en deuxième single de Débranche.

CÉZANNE PEINT

Composée l’été dans la campagne d’Aix, dans une maison face à la Sainte-Victoire, et à côté de l’atelier de Cézanne. Quand Michel m’a joué la chanson, j’ai pleuré alors que c’est pas triste.

BABACAR

C’est un gros morceau, au rythme lancinant. Les mots, l’histoire, tout est douleur et colère. L’Afrique, telle qu’elle est, est rentrée dans notre paysage, et ça s’entend.

ELLA, ELLE L’A

Hommage à Ella Fitzgerald. Michel a gardé ce titre en tête pendant dix ans avant d’en faire une chanson. Elle est rythmiquement très compliquée. Un cauchemar pour les musiciens et pour moi. Quand Ella est sortie en second single de l’album Babacar, elle a tout balayé sur son passage et hors des frontières. Reconnaissance de la profession avec deux Victoires de la Musique en 1987 et 1988.

ÉVIDEMMENT

Pour la première fois de ma vie, j’ai chanté en pensant à autre chose qu’au texte pour ne pas pleurer. J’étais encore dévastée par la mort de Daniel, et je n’avais pas encore l’expérience du détachement comme aujourd’hui. Sur scène, c’était l’osmose totale avec le public, touché au cœur par ce texte.

PLUS HAUT

C’est ma chanson préférée. C’est tellement bizarre d’aimer une chanson plus qu’une autre. Elle me fait quelque chose à chaque fois. J’aime tout, la mélodie, ce que je dis, le climat tendu et étrange. C’est une chanson d’amour, mais il n’y a rien de commun entre la production de cette chanson faite par Michel en 1980 pour mon album Paris, France – que j’adore – et ma production en 1995 aux États-Unis : C’est la vie qui est passée par là et quand elle est dure, on ne chante pas pareil. J’ai profondément changé et ça s’entend.

LA SEULE CHOSE QUI COMPTE

C’est une chanson toute simple, avec des phrases répétitives, qui est positive, et nous pousse à trouver le bonheur. Un hymne à la vie, en quelque sorte. Elle devait être sur l’album Babacar, et a été enlevée pour des raisons de minutage. Michel s’est incliné, la mort dans l’âme.