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Eurovision Song Contest (Livre officiel 50 ans)

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La 10e édition du Concours Eurovision se déroule le 20 mars 1965. L'événement est d’importance : pour la première fois les téléspectateurs de l'Europe de l'Est et bien au-delà peuvent assister en direct à la retransmission du concours.

Naples – Italie – Lauréat : Luxembourg – Interprète : France Gall – 1965 – Titre : Poupée de cire, poupée de son – Compositeur : Serge Gainsbourg – Présentateurs : Renata Mauro et Mario del Monaco – Organisation : Rai

La 10e édition du Concours Eurovision se déroule le 20 mars 1965. L’événement est d’importance : pour la première fois les téléspectateurs de l’Europe de l’Est et bien au-delà peuvent assister en direct à la retransmission du concours. Une audience internationale estimée à près de 150 millions de téléspectateurs.

Les pays qui s’étaient présentés l’année précédente à Copenhague sont tous de retour en plus de deux nouvelles nations. La Suède, dont la télévision était parvenue à sortir de la crise, et l’Irlande – qui allait cumuler le plus de victoires au Grand Prix de !’Eurovision – faisaient leur entrée dans le concours. Aucun nouveau pays ne serait inscrit à l’Eurovision jusqu’en 1971.

Le Royaume-Uni allait présenter un morceau particulièrement novateur sur le plan musical ; la candidate britannique Kathy Kirby était une véritable star dans son pays, responsable de sa propre émission télé et forte de toute une collection de hits. Un sondage réalisé par la presse l’année précédente l’avait élue « meilleure chanteuse britannique » loin devant Cilla Black, Dusty Springfield et Petula Clark. À Naples, Kirby se présenta sur scène vêtue d’une étincelante robe de soirée moulante ; cheveux blond platine et rouge à lèvres carmin participaient à parfaire son image de starlette et sa ressemblance avec Marylin Monroe. Le titre qu’elle interpréta, I belong, était de loin le plus branché que les Britanniques n’aient jamais présenté ; une chanson pourtant bien terne en comparaison du titre qui cette année-là allait déchaîner le public de !’Eurovision.

Représentant le Luxembourg, France Gall, une jeune Parisienne de 17 ans, interpréta un titre aussi accrocheur et dans le vent que son look. Sa chanson, Poupée de cire, poupée de son, écrite et composée par Serge Gainsbourg, racontait l’histoire d’une poupée, lasse de n’être que le fruit d’une aventure musicale, privée d’émotion et de sentiments, enfermée entre les quatre murs d’un studio d’enregistrement, loin de toute réalité. Un titre particulièrement bien écrit et arrangé – ce qui ne surprendra personne connaissant la réputation d’auteur compositeur que Gainsbourg s’était déjà faite à l’époque. Des années auparavant, son sulfureux Je t’aime, interprété par sa femme Jane Birkin, avait scandalisé le monde et fait l’objet d’une dénonciation publique par le pape. La délicieuse prestation de France Gall suffit à convaincre les plus réticents et prouva à tous que mode et tendance avaient leur place dans le Grand Prix. Les juges impressionnés par la jeune artiste la désignèrent à l’unanimité comme leur favorite.

L’autre surprise vint de la chanteuse Conchita Bautista qui avait représenté l’Espagne à sa première entrée dans le concours en 1961. Revêtue d’une robe sans manches à plusieurs rangées de volants, l’artiste fit de son mieux pour que sa chorégraphie enlevée évoque la prestation d’un toréador. Mais, comme beaucoup d’autres avant elle, Bautista apprendra à ses dépens que rien ne sert de revenir après une première participation infructueuse. Son titre, Que bueno, que bueno, sera le premier en seulement deux participations de l’Espagne à ne pas réussir à se qualifier. Le pays sera rejoint en queue de peloton par l’Allemagne, la Belgique et la Finlande.

À la différence de l’Espagne, l’Irlande réussit sa première entrée avec une ballade plutôt triste de Butch Moore, chanteur vedette du groupe Capital Showband. Pour la première fois, un pays autre que le Royaume-Uni présentait un titre interprété en anglais – bien que le candidat suédois ait aussi opté pour l’anglais cette année-là. Dès le début, il fut clair que les Irlandais comptaient bien ravir leur place aux Britanniques. Malgré une entrée prometteuse, le candidat irlandais – dont le style démodé s’apparentait plus aux années 1950 que 1960 – ne réussit pas à grimper au-delà de la 6′ place, grâce aux 11 points attribués par trois pays.

Représentant l’Italie, le très adulé Bobby Solo tenta d’égaler avec son titre Se piangi, se ridi, le succès rencontré l’année auparavant par sa compatriote Gigliola Cinquetti. Un problème de gorge empêcha l’artiste de présenter sa chanson lors des répétitions ; Solo fut heureusement rétabli pour le grand soir et donna au public l’occasion de découvrir le seul groupe de choristes du concours, un trio de jeunes femmes qui reprenaient le refrain. Le style crooner de l’artiste italien et son interprétation convaincante allaient pourtant obtenir bien moins de succès que les mélodies rythmées et enlevées du Luxembourg ou du Royaume-Uni.

Le partage des points et le soutien que s’apportaient mutuellement les nations voisines furent conformes à ce que l’on avait pris l’habitude de constater. L’Irlande et le Royaume-Uni commencèrent par s’ignorer délibérément – un petit jeu toujours d’actualité – alors que Monaco attribua sa meilleure note à ses voisins français, imité par la Suède qui fit de même avec le Danemark … Europe, vous avez dit Europe ? …

Livre Eurovision Song Contest – Le livre officiel des 50 ans
Editeur : Succès du livre
Préfacier : Marie Myriam
ISBN : 2-7434-5417-2
Reliure : Relié sous jaquette
Pages : 192
Hauteur : 29 cm / Largeur : 23 cm
Date : 11 mai 2005

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