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Prouve que tu existes – Numéro spécial France Gall (Presse)

Johnny Hallyday et France Gall : deux légendes disparaissent à un mois d’intervalle …

6 décembre 2017 / 7 janvier 2018.

Deux légendes, deux monuments, à quasi un mois d’intervalle, viennent de nous quitter. Johnny Hallyday et France Gall ne sont plus là. Comment les oublier ? Pendant des années, ils ont accompagné nos vies. Pendant des années, ils feront danser et chanter les jeunes et les plus vieux encore.

France Gall partageait sa vie entre la France et surtout l’Afrique. Elle avait été d’une rare discrétion à tous les niveaux ces derniers temps. Seuls ses proches savaient qu’elle luttait de nouveau contre la maladie.

Trop affaiblie, elle n’avait pas pu dire un dernier au revoir à son ami Johnny. Mais elle a avait tenu à ce que Michel Drucker lise à l’antenne ces quelques mots d’amour : « Je suis infiniment attristée, je salue l’artiste unique, l’ami fidèle. J’ai toujours été touchée par sa gentillesse, son charisme, sa voix, irremplaçable et son sourire irrésistible ».

Comment ne pas lui dire les mêmes mots d’amour …

« La prochaine fois, je demanderai à avoir une vie plus douce … »

Elle a rejoint son mari Michel, et sa fille Pauline-Isabelle au paradis que l’on espère blanc maculé. L’Etoile France Gall n’est plus. La France qui a à peine eu le temps de sécher ses larmes pour Johnny sort de nouveau ses mouchoirs. « C’était notre France » : le titre de une du Parisien au lendemain de sa disparition résume tout. Évidemment … On retiendra ses débuts étincelants, les moqueries de Gainsbourg à son égard – elle parlera d’humiliation plus tard – de sa victoire suivie par quelques 200 millions de téléspectateurs en 1965 au concours de l’Eurovision. Jaloux, Claude François, son fiancé d’alors la quitte. « Tu as gagné, mais tu m’as perdu ! » France Gall découvre que sa vie ne sera pas facile. Elle rame assez vite sur un plan musical et dans ses amours. Malgré une période de succès en Allemagne et une belle histoire d’amour avec Julien Clerc, elle se cherche. Son bonheur, elle l’a identifié. Il s’appelle Michel Berger. Véronique Sanson vient de le quitter brutalement. France Gall veut, elle aussi une chanson de lui, pour se relancer. Michel n’est pas chaud. Pas fan … Mais la Déclaration d’amour ne va pas tarder.

La suite, on la connait… Deux beaux enfants, des tubes et encore des tubes. Mais le destin va vite en décider autrement. France Gall doit faire face à la disparition de son grand amour, Michel Berger, terrassé par une crise cardiaque, et cinq ans, plus tard, de sa fille Pauline, à l’âge de seulement 19 ans. Résiste ! Prouve que tu existes ! Cherche ton bonheur partout, va ! Se reconstruire, aider les autres, survivre. France Gall se trouve avec le Sénégal un nouveau pays d’adoption. Là, elle arrive à tout oublier, à redécouvrir ce que peut être le bonheur. Jusqu’à ce que ce satané cancer qui s’était manifesté peu de temps après la mort de Michel Berger, une première fois, rattrape l’artiste. France Gall repose désormais en paix au paradis, avec une autre étoile. Elle qui disait : « Si on me proposait de revivre la même vie, je dirais non. La prochaine fois, je demanderai à avoir une vie plus douce. »

1965, Naples. France Gall remporte pour le Luxembourg le concours de l’Eurovision après un concours très animé et houleux. Elle s’impose avec un titre écrit par Serge Gainsbourg, Poupée de cire, poupée de son qu’elle enregistrera en trois langues : allemand, italien et japonais. La chanson se classera numéro 2 des ventes en Allemagne, numéro 5 aux Pays-Bas, numéro 9 en Italie. Le public français lui reproche d’avoir gagné pour le Luxembourg. Elle s’est défendue en affirmant qu’elle ne connaissait guère les coulisses de sa sélection par RTL. Claude François lui a annoncé la rupture de leur couple juste après la proclamation de sa victoire. En pleurs au moment de son sacre, ses larmes n’étaient pas d’émotion mais de tristesse …

Son association diabolique avec Serge Gainsbourg fonctionne moins bien au fil des mois. France Gall découvre alors que tout ne sera pas aussi facile qu’elle l’a imaginé pour rester en haut de l’affiche. Elle n’hésite pas à prendre des risques et à aller conquérir le public allemand ! Pari audacieux mais gagnant ! Dès 1966, elle s’impose et elle collectionne les succès jusqu’en 1972 avec le compositeur et orchestrateur Werner Müller, avec le concours de Georgio Moroder, le futur Pygmalion de Donna Summer (I feel love, Love to love you baby) et de l’acteur Horst Buchholz (Les sept mercenaires). Elle enchaine les tubes : Love, l’amour und liebe – 1967- , Hippie, hippie -1968- France Gall n’oublie pas pour autant la France, même si elle se garde bien de participer à Mai 68. Elle traverse une période difficile dont elle a confié à un journaliste de Platine : « C’est assez angoissant à vingt ans de ne pas avoir d’argent quand on en a eu beaucoup à seize. »

Une vraie poupée, mais pas en cire … Fille d’un chanteur-compositeur, France Gall a toujours baigné dans le milieu du show-biz, mais elle ne pensait pas qu’elle deviendrait dès l’âge de 16 ans une vraie star ! Son look autant que sa voix en ont fait une idole. Et comme on peut le voir sur ces photos Collector, l’interprète de Sacré Charlemagne avait aussi du Britney Spears, déjà en elle … « Je les effacerais bien ces dix premières années de carrière, disait-elle. A 16 ans, au lieu d’aller en classe, je participais à des émissions, des séances photo alors que je ne voulais pas me montrer. J’avais le sentiment d’être violée en permanence. »

France Gall aurait pu rester dans le registre du titre qui a lancé sa carrière, « Sacré Charlemagne ». Un tube écrit par son père, Robert Gall – auteur de la Mamma de Charles Aznavour qui se vend à plus deux millions d’exemplaires. « Sacré Charlemagne », j’en étais malade, je me souviens, je n’aimais pas du tout ça. Je ne l’aimais pas et pourtant je l’ai laissé sortir. C’est vous dire à quel point je ne maîtrisais pas la situation ». Elle va connaître le creux de la vague sans jamais vendre son âme au diable et faire ce qui ne lui plait pas. France Gall qui sort d’une collaboration professionnelle compliquée avec Serge Gainsbourg a su attendre, se mettre à l’écart, changer de maison de disque, de producteur. Bref, elle savait qu’une bonne étoile guiderait son destin musical. France Gall croise pour la première fois Michel Berger lors d’une séance photo pour Salut les Copains avec Jean-Marie Périer en 1966. En 1973, toujours en pleine traversée du désert. Elle lui demande une chanson que Michel refuse de lui écrire avec le sourire. La petite histoire veut qu’elle l’aurait fait craquer en lui faisant « livrer des croissants de chez Fauchon ». S’en suit « La Déclaration d’amour ».

« J’attendais tellement de cette première fois que quand il m’a joué la chanson au piano, j’ai été … comment dire … un peu déçue. Je rêvais d’une chanson rythmique, et me voilà avec une sensuelle déclaration. » La suite, on la connaît, un mariage en 1976 et une belle collection de tubes …

France Gall se classe en huitième position des artistes français qui ont le plus vendu de disques. Plus de vingt millions, depuis 1963 ! Ses plus grands tubes resteront évidemment les premiers succès de ses débuts, « Sacré Charlemagne », « Les Sucettes », « Tout pour la musique », « Résiste », « Il jouait du piano debout », « Diego libre dans sa tête », « Cézanne peint », « Ella elle l’a ».

Entre 1980 et 1985, elle est présente pendant 36 semaines au classement du Top Album, avec Paris, France et Débranche. On retiendra aussi son opéra rock, Starmania en 1979 et l’album de son influence africaine « Babacar » et son spectacle hommage écrit en l’honneur de Michel Berger, Résiste en 2016. Ses tubes vont résonner longtemps encore dans nos mémoires et marqueront bien des générations encore.

Claude François. Leur histoire a duré trois ans France Gall n’a que 17 ans, il en a 25. Claude François se montre très jaloux, l’empêchant même de tourner aux côtés d’Alain Delon. Leur relation se termine dans la douleur et inspirera tout de même Claude François avec la chanson Comme d’habitude. Tout commence à l’été 1964. France Gall séjourne en Provence. Elle intègre le groupe vocal féminin les Gam’s, dont elle est une admiratrice assidue, et chante même avec les chœurs de Claude François sur la chanson « J’y pense et puis j’oublie ». « Quand j’ai rencontré France Gall, confie-t-il, j’ai compris que mon cœur était cicatrisé, qu’à nouveau j’étais capable de dire « Je t’aime » à une fille, que le souvenir de Janet ne viendrait plus jamais hanter mes nuits. Avec France, cela dura un peu plus de trois années, trois merveilleuses années qui marqueront ma vie. Ça a été plus que de l’amour, c’était de la passion. On s’est aimés puis déchirés, puis quittés, puis aimés à nouveau. »

Un document rarissime : France Gall dans le célèbre moulin de Dannemois situé dans le village de Dannemois dans l’Essonne en Île-de-France, où Claude François vécut entre 1964 et sa disparition en 1978. Le couple adorait s’y retrouver avec des amis ou de la famille comme ici avec la mère du chanteur, sa sœur Josette et son mari Éric, et Jean-Marie Perier. France Gall a souvent raconté leur séparation brutale alors qu’elle venait de remporter l’Eurovision : « Il s’est passé un drame absolu pour moi. J’étais avec un garçon, et ce garçon j’ai demandé à ce qu’on l’appelle quand j’ai gagné. Et ce garçon, juste avant que je monte sur scène, pour aller rechanter ma chanson, il me dit : « Je te quitte. » Claude François lui aurait lancé :« Tu as gagné, mais tu m’as perdu. »

Julien Clerc. Leur histoire débute en 1970. Âgé de 23 ans, il tient le rôle principal de la comédie musicale Hair. Il se souvient : « Elle venait me chercher à la sortie du spectacle avec sa Porche. J’étais un peu inconscient, en ce temps-là … Je ne faisais pas vraiment attention à sa carrière. Moi, je traçais. Nous étions deux personnes connues, du même âge (…) Notre histoire est un joli souvenir ».

Alain Wodrascka dans sa biographie, Douce France (Éditions du Moment) rapporte : « En août, France Gall accepte d’accompagner la fiancée de son frère Philippe, au spectacle de Julien Clerc (…) Comme elle l’avait fait pour Claude François cinq ans auparavant, elle assiège chaque soir le théâtre et pénètre dans la loge du crooner. (…) Bientôt, les deux tourtereaux s’installent dans l’appartement du XVIe arrondissement de la famille Gall où, comme il se doit, il a dû subir l’épreuve du feu familial.

Julien Clerc enchaine les tubes dont Si on chantait. France, elle, rame, et vit mal le fait d’être dans son ombre. Le couple s’en explique. Selon Alain Wodrascka, « Julien lui jure qu’il va enfin lui faire les enfants dont elle rêve, une promesse qu’elle juge déplacée, voire humiliante, dans la mesure où elle est concédée sous le coup de la panique. Elle claque à tout jamais la porte de leurs amours ». En 1974, Julien Clerc écrit « Souffrir par toi n’est pas souffrir » : « Si un jour tu veux revenir/ Sans mots, sans pleurs, sans même sourire/ Négligemment et sans te retenir/ Sans farder du passé tout l’avenir ». Le chanteur dans la biographie Julien (Ed. Calmann-Lévy) qui lui a été consacrée, affirme avoir tout fait pour que France Gall revienne. « À travers ces mots, je lui demande de revenir. Je n’ai pas imaginé que c’était possible, mais la chanson traduit parfaitement ce que je ressentais. Pour qu’elle revienne, j’ai tout essayé. » Julien Clerc se consolera avec Miou Miou.

C’est en écoutant la chanson « Attends-moi » que France Gall a voulu rencontrer Michel Berger. France Gall est au creux de la vague, et elle a l’intuition qu’elle a trouvé celui qui va relancer sa carrière. Michel Berger ne partage pas cet enthousiasme. Il n’a pas le cœur à écrire. La femme qu’il aime, Véronique Sanson, pour qui il vient de composer « Amoureuse », est partie sans prévenir. France insiste. Elle lui demande de la faire renaitre. Michel Berger se prend au jeu. La suite on la connaît, un bonheur privé avec la naissance de leur premier enfant, Pauline, des tubes, et un opéra rock, Starmania. Elton John craque pour le couple qu’il rencontre à Saint-Tropez. Un mois plus tard, Michel Berger, France Gall et Elton John enregistrent une chanson qui va faire le tour du monde : « Donner pour donner ».

Le 2 août 1992, Michel Berger meurt d’une crise cardiaque à la suite d’une partie de tennis dans sa propriété de Ramatuelle, dans le Sud de la France. Il est âgé de 44 ans. Michel est inhumé au cimetière de Montmartre à Paris. Quelques mois après sa mort, France Gall apprend qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. La maladie est soignée rapidement. « A l’annonce de la mort de Michel (…) j’ai ressenti une douleur dans le ventre, dans le corps, tellement forte (…) je me suis dit qu’elle devait ressortir d’une manière ou d’une autre ».

« On n’en revient pas de vivre ça ! » Déjà anéantie par la mort de Michel Berger, France Gall a dû faire face, cinq ans plus tard, à la disparition de sa fille Pauline Isabelle, décédée d’une mucoviscidose. Quel terrible acharnement du destin : « On n’en revient pas de vivre ça, car c’est justement le truc qu’on ne veut pas et qu’on ne peut pas vivre. Tout le monde dit que c’est impossible, inhumain … Et pourtant on me le fait vivre et je n’en revenais pas que ce soit possible ». Pauline avait 19 ans.

1992. Michel Berger s’est envolé dans son paradis blanc, et France Gall tente de refaire sa vie. Chez des amis communs, elle rencontre Bruck Dawit. Ingénieur du son, compositeur, arrangeur et producteur, il est grand, charmant, charismatique et incroyablement doué pour associer avec subtilité les notes d’une mélodie. Il est né en Éthiopie et vit à New-York. Il a collaboré avec les plus grands, de Sting à Prince en passant par les Rolling Stones ou encore Éric Clapton. C’est à Bruck qu’elle fait appel pour remastériser deux de ses morceaux, « Résiste » en 1997 et « Privé d’amour » en 2004. Fidèle, rassurant et solide, Bruck Dawit a su se faire une place sa vie. Ensemble, le couple écrit ensuite la comédie musicale Résiste, en hommage à Michel Berger, dont la première a eu lieu e 4 novembre 2015 à Paris. Personne ne connaît mieux la musique de Michel que moi. Avec Bruck Dawit, on s’est dit qu’on allait essayer de le faire. « Nous nous sommes vite rendu compte qu’en connaissant formidablement bien le répertoire, on pouvait écrire une histoire. C’est le départ qui a été difficile. On avait 400 chansons à notre disposition. Nous prenons lesquelles ? On en fait quoi ? Que va-t-on raconter ? Voilà les trois questions que nous nous sommes posées. On a cherché un lien qui pourrait unir le public et les chansons, et ce durant plusieurs années. En remasterisant les vieux albums, on est tombé sur « La chanson de Maggie » et là, le déclic est arrivé. Le spectacle a d’ailleurs failli s’intituler Appelez-moi moi Maggie. On a fini par trouver que Résiste, c’était plus parlant, plus fort. On est parti de ce personnage qui nous donnait un décor formidable, puisqu’il travaille dans une boîte de nuit. Après, il a fallu avoir un peu d’imagination pour inventer une vie à Maggie et créer les liens qui relient les chansons choisies. Depuis, le temps que je fais ce métier, je connais les règles, les lois de ce métier, pour faire un beau show. C’est ma force. »

Un cœur tourné vers les autres … France Gall adorait s’amuser avec les stars du show-biz – Balavoine, Coluche, Eddy Mitchell, et bien sûr Johnny Hallyday- mais elle savait aussi se mobiliser. Avec Daniel Balavoine, Michel Berger, le journaliste Lionel Rotcage et Richard Berry, ils avaient donné vie à « Action Écoles », une opération humanitaire de grande envergure, et chanté sur le modèle du célèbre Band Air du musicien Bob Geldof, contre la famine en Éthiopie avec le Collectif Chanteurs sans frontières. « Les épreuves qu’elle a vécues lui ont donné un regard à la fois blessé et tendre dur le monde », souligne Richard Berry. France Gall avait craqué pour l’Afrique. Le Sénégal était devenu son pays d’adoption depuis qu’elle avait acquis une maison sur l’ile de Ngor. C’est là qu’elle a rencontré la mère de Babacar. -Babacar avait un mois, il est aujourd’hui âgé de 32 ans – France Gall avait ainsi raconté cette rencontre : « Un jour, une femme m’a donné son bébé. Ça, c’est un choc énorme quand il vous arrive quelque chose comme ça ! Finalement, on a pris la décision, Michel et moi, de ne pas prendre cet enfant, mais d’aider la mère à lui donner les moyens d’apprendre un métier. On lui a payé ses études et permis à sa mère de travailler et donné à sa mère les moyens de travailler à Dakar. Ce petit bébé s’appelait Babacar, » France Gall ne l’a jamais revu. Du Sénégal, elle disait : « c’est ici que j’ai retrouvé une sérénité. Je vis dans un village. Je n’ai jamais compris pourquoi j’étais attirée par ce pays. (…) Lorsque je me rends sur mon île, il y a une espèce de purification extraordinaire. On arrive dans un endroit où il n’y a pas l’électricité, on est avec la nature, les oiseaux, pas de route et pas de voitures. C’est une terre que je reconnais comme la mienne. C’est un pays qui me donne sans le savoir ». Youssou N’Dour, chanteur et musicien sénégalais lui a ainsi rendu hommage : « France Gall était la plus Sénégalaise des Françaises. Avec Babacar, elle a élevé les consciences, et l’engouement a été énorme. C’est une sœur pour nous au Sénégal. »

Une autre femme dans la vie de Michel ? Ce sont les proches du couple qui l’ont dévoilé. Notamment Yves Bigot dans un livre très remarqué. « Quelque chose en nous de Michel Berger (Don Quichotte) » écrit que France Gall aurait eu une rivale, B.G. Selon lui, le chanteur projetait de s’installer à Santa Monica, Californie, avec sa nouvelle compagne pour laquelle il venait de réaliser un album entier, inédit à ce jour. Elle serait l’auteur des paroles (en anglais), tandis que lui aurait signé les mélodies et la production de ce disque fantôme, dont la sortie devait suivre la tournée Double Jeu. B.G. est allemande et descendante des frères G. Mannequin, elle était l’ancienne compagne de Timothy Dalton et de Billy Joel. Fabienne Thibeault, qui fréquenta le duo Berger-Gall confirme l’existence de B.G. : « À Ramatuelle, Michel tenait à rester au calme pour travailler avec Luc Plamondon et régler ses problèmes de couple avec l’avocat, avant de rejoindre B.G. à Los Angeles où il devait préparer sa vie avec elle … »

Grégoire Collard, attaché de presse de Michel Berger, pendant seize ans avait lui, aussi, dévoilé : « Michel soldait sa vie. Son couple avec France était au plus bas. Pendant tout l’enregistrement de Double jeu, ça allait au plus mal entre eux. Elle était tout à fait au courant de l’existence d’une autre femme. Michel finissait sa vie par une séparation. Il était très épris mais ne savait pas comment s’y prendre. »

Véronique Sanson a quitté Michel Berger du jour au lendemain prétextant qu’elle allait acheter des cigarettes pour ne plus jamais revenir. En réalité, elle rejoint le célèbre chanteur et guitariste américain Stephen Stills … Le parolier est ensuite tombé amoureux de France Gall, qu’il a épousé en 1976. En 2012, l’interprète d’Amoureuse avait confirmé au micro d’Europe 1 : « On n’a pas du tout gardé contact, même si on était très proches à un moment donné. Mais, de ma part en tout cas, ce n’est pas parce que je ne veux pas ! On doit avoir peur inconsciemment toutes les deux qu’on nous refiche Michel Berger dans les pattes. On a déformé nos propos à tire larigot ! Je me disais : « Mais pourquoi elle dit ça sur moi » et elle se disait sans doute la même chose. » Il y a quelque temps, Véronique Sanson avait admis au Nouvel Observateur qu’elle ne voulait plus trop évoquer Michel Berger dans ses interviews. « Sinon, France Gall va encore m’écrire des lettres d’insultes épouvantables » … Quelques mots d’amour …

Jenifer avait alors reconnu : « Je ne suis pas une menteuse. Je suis très affectée par la tournure des événements. Évidemment, cette polémique m’a touché. J’ai souhaité par cet album rendre hommage à France Gall et à ses chansons. Ça me blesse beaucoup. Je suis déçue. Je suis désolée de cette situation. J’aurais dû faire ça différemment. Je me suis contentée un peu trop facilement de ce qu’on me disait. Je m’en suis voulu d’abord à moi. Ça m’a fait mal, mais peut-être que si j’avais été à sa place, j’aurais réagi de la même manière. J’ai voulu rendre hommage, certainement pas faire un coup marketing. Je ne veux plus du tout parler de cet album. Je ne m’attendais tellement pas à ça ! Ce n’est pas un simple album de reprises, ce sont les mots de Michel Berger, de Gainsbourg, des gens avec lesquels j’aurais aimé collaborer ».

Un an après, la hache de guerre semblait enterrée. France Gall confiait : « Je n’ai aucun problème avec Jenifer. »

« Le jour où Je m’arrêterai, ce sera quelque chose de très douloureux … Mais c’est une chose à laquelle je me prépare depuis des années déjà. Tant que je me sens proche de mon public, ça va. Mais un jour je m’arrêterai, c’est sûr. Je crois que ce qui sera plus fort que ma passion pour ce métier, c’est la crainte de tout gâcher. Parce que ce qui me fait peur surtout, c’est l’idée de ne pas me rendre compte que je vieillis, et que je ne parle plus le même langage. C’est ça qui me fera décrocher : lorsque je ne parlerai plus « leur » langage. Et je veux que ce soit par ma propre volonté, par-delà ma tristesse. »

France Gall a toujours refusé d’avoir un fan-club et ne signait jamais d’autographes.

« Qu’il reste quelque chose de moi m’indiffère. Je ne suis pas comme ces personnalités politiques qui éprouvent le besoin de faire bâtir un monument afin de laisser une trace tangible de leur passage : moi, je ne construis que ma vie … Je n’écrirai jamais d’autobiographie. »

Magazine : Forever
Date : Février et Mars 2018
Numéro : 2H

Merci à Elisabeth.

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