spot_img

France Gall, vedette de la rentrée (Presse)

L’article retranscrit

France Gall, c’est le petit soldat de la chanson, le fantassin du 33 tours toujours prêt à entamer l’offensive et à gagner.

On ne compte plus le nom des batailles inscrites sur son drapeau : « La déclaration », « Viens je t’emmène », « Musique » …

Mais quand un soldat comme France Gall s’en va-t’en guerre, c’est pour participer au combat en première ligne, comme un général d’Empire. L’intendance doit suivre. C’est dans ces conditions que France Gall se prépare à être la vedette de la rentrée. Pour frapper fort, d’abord à la télévision et ensuite sur la scène du Zénith à la Porte de Pantin (pendant un mois à partir du 11 septembre), France a presque renoncé au farniente et aux vacances. Une semaine sur deux, elle remonte de Saint-Tropez à Paris, pour préparer son travail. Alors, il faut savoir se faire tout petit et très patient. Faire comme si l’on n’existait pas dans ce grand studio de la banlieue parisien ne où se déroulent pendant de longues heures d’interminables séances de répétition.

On découvre vite cependant, si l’on se montre sage et discret, que la rigueur n’empêche nullement le sourire et la gentillesse. Sept musiciens, trois choristes, une chanteuse et un auteur compositeur ne peuvent rester longtemps sérieux. Elle se fait des blagues l’armée Gall et se menace même à la première erreur d’un carton Jaune à 100 F et d’un autre, rose celui-là, à 200 F. Et pour ne pas être ruinée, elle s’accorde, de temps en temps, une pause.

C’est à l’occasion de l’une de ces pauses que France nous révèle une de ses passions : le flipper. Michel fournit les pièces ! « Lamentable, je ne suis vraiment pas douée. C’est comme avec les ordinateurs, j’ai beaucoup de leçons à prendre. Je ne suis pas fin prête pour la télématique. Je souffre déjà avec le fonctionnement du magnétoscope, alors !… Mais pour « débrancher », une partie de flipper, c’est ce qu’il y a de mieux ».

La pause est terminée. France se « rebranche » et nous découvrons que Michel l’appelle affectueusement « bébé ». Mais ce bébé n’est pas du tout requin, juste un peu trop rigolo et sans doute très espiègle. Sauf dans les moments d’émotion. Les moments où elle chante des chansons comme « La déclaration ». Ils sont privilégiés et presque magiques ces moment-là. Ils expriment une évidence : bébé France et papa Michel vont assurément très bien ensemble. Nouvelle pause et nouvelle surprise. France a fort bon appétit et adore le kir. Mais le vin blanc-cassis ne peut chasser son inquiétude. Elle a laissé les petits dans le Midi. Bien sûr, Pauline, cinq ans, nage comme une sirène… avec des bouées et Raphaël, trois ans, pousse tout le monde dans la piscine. « Oh, la, la, les angoisses de maman ! ». Michel rassure France, les petits vont bien. Tout va bien. « Mais oui, c’est chouette on a retrouvé l’ambiance des tournées », assure-t-elle avant de demander à son armée si « quelqu’un sait masser les pieds ».

« La scène, c’est du gâteau à côté des répétitions. Pour être en forme, je fais du karaté tous les jours. Je suis presque une pro. Le karaté, ça donne la pêche. Maintenant que j’ai appris à me battre, je sais que je suis profondément pacifique ». Michel, de son côté, assure, avec un certain sourire, qu’il se sent sécurisé depuis que France est karatéka !

La répétition reprend, jusqu’au petit matin, France n’aura pas à se confier aux journalistes de « Télé-Poche ». Ils l’ont regardée vivre. Elle aura livré un peu d’elle-même, le meilleur sans doute. Celui que l’on n’arrache jamais à coups de questions. Petite bonne femme énergique, volontaire et infatigable, France en veut toujours plus, elle veut toujours gagner le combat. Mais quand l’aube arrive le général Gall redevient femme et d’une petite voix demande : « Michel, s’il te plaît, ramène-moi. Emmène-moi ».

Par Bérangère ETCHEVERRY / Photos : Marc SEGUIN, Sygma

Magazine Télé Poche
11 août 1984
Numéro : 965

Les pages

À découvrir

À découvrir