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France Gall, une opération l’oblige à reporter Bercy

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Une nouvelle épreuve pour France Gall, opérée d’une tumeur maligne.

Son combat contre la maladie l’a contrainte à renoncer au spectacle prévu à Bercy du 1er au 6 juin. Mais France fixe d’ores et déjà rendez-vous à son public en septembre.

Le 10 avril dernier, France Gall était sur le plateau de “Taratata”. Elle y évoquait son prochain retour sur la scène de Bercy du 1er au 6 juin. Plus récemment encore, elle avait enregistré en une nuit sa version de “Mademoiselle Chang”. Mais le destin, une fois de plus impitoyable avec elle, a contrarié ses projets … Le mardi 11 mai, une information aussi lapidaire qu’inattendue tombait : “France Gall, opérée le 22 avril dernier d’une tumeur maligne du sein, est obligée de reporter les dates de son spectacle à Bercy … En cours de traitement complémentaire par irradiation, son état est considéré comme suffisamment satisfaisant pour ses médecins pour lui permettre de fixer de nouvelles dates de concert : les 10, 11, 12, 22, 23 et 24 septembre 1993.”

France Gall, qui puisait dans ce rendezvous avec son public les forces nécessaires pour réapprendre à vivre normalement depuis la dramatique disparition de Michel Berger, se trouve de nouveau confrontée à l’adversité. Il n’est d’ailleurs pas interdit de penser que celte tumeur résulte du choc et de la douleur qu’elle a éprouvés en ce funeste 2 août 1992. Le vide laissé s’était comblé de désarroi et de désespoir. Puis, peu à peu, France a voulu réagir; d’abord pour ses enfants, Pauline et Rafaël. Un jour elle s’est dit que les chansons de Michel devaient continuer à vivre, et qu’elle était dépositaire de ce magnifique héritage. Il y a peu, elle déclarait : “La musique m’aide à vivre. Quand je me coule dans celle de Michel, je suis gaie.”

Un beau jour, sa décision a été prise : “Bercy, s’est imposé à moi très vite, même si je ne l’ai envisagé vraiment sérieusement qu’après un certain temps.” Il est évident que le meilleur des refuges, celui qui peut prodiguer un peu d’oubli, c’est le travail.

Michel et elle devaient présenter ensemble leur “Double jeu” à la Cigale en octobre dernier. Le destin en oyant décidé autrement, France a courageusement fixé un nouveau rendez-vous à son public. Les retrouvailles devaient donc avoir lieu du 1er au 6 juin. Mois pas question pour elle de transformer ce spectacle en hommage : “Je ne le fait pas pour Michel. La scène, on ne s’y force pas pour quelqu’un, mais parce qu’on en a envie.

C’est un rendez-vous d’amour. On vient prendre et donner, j’ai envie d’être encore heureuse sur une scène.

Ce droit ou bonheur, France le réclame, elle estime y avoir droit, même s’il lui faut s’expliquer sur ce désir que certains peuvent trouver un peu déplacé. “Quand on perd quelqu’un, dit-elle, on se sent forcément toujours un peu coupable d’être encore là, j’ai pensé qu’il ne fallait absolument pas que je me punisse, j’aime chanter, j’aime être sur scène, c’est un plaisir pour moi. Il ne fallait pas que cela disparaisse aussi.”

France était donc fin prête pour ce qu’elle appelait son “rendez-vous d’amour”.

Ses chansons comme celles de Michel avaient été réorchestrées par les cinq musiciens qui avaient participé ou dernier album, ceux-là aussi qui devaient l’accompagner à Bercy. Et l’amour devait être le trait d’union entre les gens sur la scène et le public : “A la mort de Michel, (ai reçu énormément de témoignages d’amitié. Tous ceux qui l’aimaient se sont sentis un peu seuls. Cet amour des gens pour lui me revient un peu aujourd’hui. A travers ce malheur, les gens ont compris que j’existais aussi, mais différemment. Ils me l’ont écrit et cela m’a encouragée à remonter sur scène.”

Quelque temps avant le décès de Michel Berger, France Gall avait traversé “une période de doutes, de peurs, d’angoisses”. “Il y a deux époques terribles dons la vie d’une femme, dit-elle, son adolescence et la quarantaine. Pour celle-ci, j’ai sérieusement dégusté. Cela a contribué à me donner un certain sentiment de malaise, de mal être.”

Là déjà, France avait voulu s’en sortir seule. “Avec toutefois une bonne petite dose de psychothérapie pour évacuer les plus gros “poissons”, précise-t-elle, mois c’est d’abord avec soi-même qu’il faut retrouver l’équilibre. Mois j’ai mené la vie dure à tout le monde.”

A peine avait-elle réussi à se reconstruire, à faire la paix avec elle-même et à assumer sa quarantaine que la fatalité la frappait en plein cœur. Pas facile à accepter la disparition d’un être cher à quarante-quatre ans (l’âge de Michel et le sien).

Ces deux épreuves, en se succédant, en s’additionnant, ont dû insidieusement introduire le mal en elle, comme une fleur noire de la douleur. Heureusement, la tumeur a été décelée à temps, et mise hors d’état de grandir. Les médecins de France sont confiants : dès qu’elle en aura terminé avec quelques séances indispensables d’irradiation, elle pourra reprendre ses activités tout à fait normalement. Car France Gall est forte. Elle l’a déjà prouvé et elle saura encore le démontrer. li n’en sera finalement que plus intense ce “rendez-vous d’amour” remis à septembre. Bonne santé France, et à très bientôt.

Gilbert Jouin

Magazine : Télé Magazine
Date : 29 mai au 4 juin 1993
Numéro : 1960

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