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Tournée 93/94

La petite histoire

Le programme de la tournée 93/94 était vendu pendant les concerts de France Gall les 10, 11, 12 et 22, 23, 24 septembre 1993 au Palais omnisports de Paris-Bercy.

Il était ensuite proposé pendant la tournée jusqu’en décembre 1993 à Strasbourg.

Ce programme se compose de 16 pages (32 faces) avec un contenu particulièrement riche. On y retrouve une très belle interview : Paroles de France – “J’ai demandé à chaque personne qui travaille avec moi de me donner quelque chose qu’elle n’avait jamais donné avant à personne. Quelque chose pour moi.” Cette interview est retranscrite ici.

Paroles de France

Seule mais pas solitaire, tel est le regard que France jetait sur elle-même et sa manière de travailler quelques mois avant Bercy quand elle cherchait encore à quoi allait ressembler son spectacle. Le premier dont elle allait assumer seule tous les aspects. A quelques jours de son premier concert, elle parle de ses musiciens, de sa vision musicale personnelle, de son avenir.

Savez-vous qui est venu vous voir et vous écouter ce soir ?

C’est drôle car je pense que cela va être différent des autres fois : je ne vais pas avoir que des fans dans la salle. Il va y avoir des gens qui viennent parce que l’on a beaucoup parlé de moi cette année par la force des événements. Il va y avoir tous les gens qui aimaient Michel, qui vont, d’une certaine manière, tenter de le retrouver à travers moi. Et puis, évidemment, il va y avoir ceux qui sont là depuis toujours.

Ceux qui aimaient Michel, vont-ils le retrouver ?

Incroyablement, oui. Parce que quoi que je fasse, quelle que soit la façon dont j’ai orchestré ses chansons, les mélodies sont tellement fortes … J’ai beau changer les rythmes, changer les instruments, les solos, les intros, mettre une voix de fille à la place de la sienne, on reconnaît les chansons de Michel incroyablement.

Ces changements, c’est une nécessité, un besoin, une volonté ?

En réécoutant toutes les chansons, les miennes et les siennes afin de choisir celles que je chanterais sur scène, je me suis rendue compte que je ne pourrais pas les faire comme Michel les avait faites, lui. Je les entendais, cette fois, autrement… Ce qui est important ce sont les notes et les mots, le reste c’est de l’habillage. Et chacun a le droit de s’habiller comme il veut au moment où il décide de le faire. Cette fois, j’avais un son dans la tête, un esprit, une atmosphère musicale, j’ai fait en sorte qu’elle existe.

Pour les musiciens qui jouent avec vous sur scène et qui ont travaillé régulièrement et depuis longtemps avec vous et Michel, cela a-t-il posé problème de vous suivre dans cette nouvelle vision musicale ?

Il a fallu un an et tout le temps du dernier album pour qu’il comprennent ce que j’entendais. Par exemple, quand on a fait Double Jeu avec Michel, il arrivait que, dans un morceau, Michel entende un solo de guitare et moi aussi j’entendais un solo de guitare. Cependant, Michel, lui, l’entendait très joli, propre. Moi, je l’entendais moche, crasseux. Les musiciens avaient deux solutions : devenir fou ou nous comprendre tous deux et trouver un compromis. Double jeu est donc un compromis.

Si les musiciens n’avaient pas compris ce que je voulais entendre, je ne sais pas ce que j’aurais fait. Mais ils ont passé une année entière à m’observer musicalement et ce que ces quatre garçons me donnent aujourd’hui est immense. Ils me suivent et en même temps ils me poussent, et je ne pourrais pas faire ce spectacle sans eux. On est cinq aujourd’hui devant des milliers de gens et je sens que l’on fait le poids : on est autant capable de donner que de recevoir.

C’est vrai qu’au départ c’était une sécurité extraordinaire de les avoir avec moi, mais cependant, je leur ai dit : “Je vais faire ce spectacle seule, et ce que vous allez me donner, vous allez le chercher en vous et vous ne l’aurez jamais donné à personne avant. Il faut que vous me disiez si vous allez m’apporter quelque chose que vous n’avez jamais fait, quelque chose de nouveau.” Je leur ai posé la question à chacun. Mais j’ai posé la même question à Jacques Rouverollys qui fait les lumières ou à Yves Jaget qui fait le son. J’ai posé cette question à tous ceux qui travaillent avec moi. Pour en revenir aux musiciens, au bout d’un mois de répétition, on savait où on allait. L’osmose était totale. Cela a été très difficile pour eux car je sais dire non, mais je ne sais pas dire ce que je veux. Je sais l’indiquer à coups de refus. J’ai besoin du talent et de l’intelligence des autres pour obtenir ce que je veux : ils ont su me proposer et moi j’ai su disposer. Il faut par honnêteté que j’ajoute que je suis au moins aussi perfectionniste (chieuse ?) que l’était Michel.

Ce qui m’impressionne le plus dans ce travail fait avec les musiciens, c’est que nous sommes cinq et qu’il n’y a qu’une seule sensibilité, comme si il n’y avait qu’une seule personne.

Avec les autres membres de votre équipe, habitués à travailler avec vous dans le passé, comment cela s’est-il passé ?

A eux tous, je n’ai cessé de dire : “Si vous trouvez que ce que je vous demande est à côté de la plaque, vous me le diriez, n’est-ce pas ?” Mais cela c’est possible uniquement avec des gens avec qui on a une véritable intimité. Et avec ceux qui travaillent avec moi, j’ai une histoire, vous comprenez ?

Votre volonté de faire quelque chose “d’autre”, quelque chose à vous, ne correspond pas à l’image que nous avons de vous : l’interprète dissimulait une volonté musicale propre ?

C’est cela, mais j’en suis la première étonnée. Michel m’a suffisamment appris pendant suffisamment longtemps pour qu’à un moment j’existe par moi même. Le vrai problème c’est que je me suis toujours considérée comme une interprète. Je n’ai jamais pensé que je pouvais avoir une idée de comment faire les choses. Et c’était probablement vrai. Mais là, par la force des choses, j’ai dû le faire.

Vous racontiez néanmoins que, avant de rencontrer Michel, vous aviez déjà un goût personnel prononcé, puisque vous n’aimiez pas toutes les chansons que l’on vous donnait à interpréter ?

J’ai aimé toutes les chansons de Gainsbourg. Pour les autres en effet j’ai été assez mitigée. Mais cela dit je me rends compte que c’est aussi très pratique de s’écraser. Avant (j’ai l’impression de parler comme un ancien combattant !), on ne sortait que des simples avec quatre titres et je sortais quatre de ces simples par an. En général, sur quatre titres, il y en avait deux que j’aimais et que je défendais, et pour pouvoir les imposer, j’acceptais les deux autres qui ne m’emballaient pas. Heureusement depuis que j’ai rencontré Michel, cela a complètement changé puisque tout ce que je fais, je l’aime.

La question évidemment que l’on peut se poser, c’est : “Qu’est ce qui va se passer après cette première expérience en solitaire ?”

C’est un gros problème pour moi, car je ne vois pas du tout où je vais (rires). Cette fois-ci, c’est simple, je fais un spectacle avec des chansons que j’aime. Mais dans l’avenir, si je dois refaire un autre spectacle, je pense immédiatement que je puiserais dans l’œuvre de Michel. Cela ne m’effleure pas pour l’instant de chanter autre chose que les chansons de Michel. Michel, qui était un romantique, disait de moi que j’étais un réaliste-optimiste. C’est peut-être pour cela qu’aujourd’hui je ne vois pas au-delà de cette tournée qui va me rendre heureuse jusqu’en décembre.

Les photos de 1993

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