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Les heures terribles où elle a pensé au suicide
(Presse) France Dimanche

Partir, partir, fuir loin, très loin, c’est la décision que l’on est tous tentés d’adopter quand la vie devient trop lourde à supporter.

Quand croiser toujours les mêmes lieux, les mêmes regards, ravive chaque fois davantage la blessure que l’on porte en soi.

Car lorsque l’autre vous a quitté, partir c’est le dernier espoir pour tenter de se retrouver soi, de revivre pour soi et pour ceux que l’on aime.

De se dire que la vie continue malgré tout, et que cette vie, même si elle est parfois pénible, vaut le coup d’être vécue.

Voilà pourquoi, un an et demi après la mort de Michel Berger, survenue au milieu de l’été 1992, France Gall a décidé de partir. De s’envoler pour Los Angeles avec ses enfants, afin de prendre un nouveau départ.

Mais ceux qui ont déjà souffert savent bien que ce n’est pas parce que l’on fait 10 000 km que tout est résolu. Bien sûr, cela fait partie, comme le dit France, dans une interview publiée dans ELLE, « de ces petits détails qui peuvent changer la vie ». Mais il serait utopique de croire que l’on peut faire le deuil de quelqu’un et se sentir bien, soudain, juste parce qu’il fait beau. Et France n’a pas échappé à la règle.

« Une fois que j’ai décidé de partir, je me suis demandé ce que j’allais faire pour ne pas me suicider pendant que les enfants seraient à l’école », dit-elle encore dans cette même interview.

Alors, comme elle n’est pas du genre à s’apitoyer sur son sort pour que les autres pleurent avec elle, France a décidé de continuer à mettre toutes les chances de son côté. Los Angeles, c’était le premier pas vers sa renaissance. Mais il lui fallait quelque chose de plus fort pour pouvoir renaître vraiment. Quelque chose qui lui permette de faire doucement en elle la transition entre les années de bonheur qu’elle avait connues avec Michel, et son existence après lui.

La solution s’est alors imposée à elle, presque comme une évidence. Ce lien magique, salvateur, c’était la musique.

Et si elle nous revient aujourd’hui avec un nouvel album, composé de treize des plus belles chansons de Michel, ce n’est pas « seulement » pour lui rendre hommage. C’est plutôt pour faire connaître et reconnaître le talent de celui qui a été son amour pendant dix-huit ans, à travers le monde.

« Je sais que c’est quelque chose qu’il souhaitait, que sa musique sorte de son pays. J’ai envie qu’on l’aime aussi ailleurs qu’en France. », dit-elle encore.

Ce n’est donc pas un hasard si l’album s’appelle « France » et non pas « France Gall chante Michel Berger » par exemple.

Non, cet album, et pour la première fois, elle peut se vanter de l’avoir porté et mis au monde de bout en bout.

Car, contrairement au passé où elle s’appuyait entièrement sur Michel, c’est elle et elle seule qui a décidé des musiciens qui l’ accompagneraient dessus, des chansons qui y figureraient, et aussi, du ton dans lequel elle chanterait.

« Michel me faisait chanter dans le ton dans lequel il composait, qui était toujours trop haut pour moi ! Mais pour la première fois, j’ai imposé mon timbre naturel. »

Après avoir été la femme de Michel, la mère de ses enfants, France est donc enfin devenue elle-même.

Et quand on lui parle de son avenir, elle avoue se sentir prête à vivre une ou plusieurs histoires d’amour.

Après tout, pourquoi sa vie de femme devrait-elle s’arrêter?

Et puis, comme elle le dit si bien, « un amour ne chasse pas le précédent», et c’est à jamais que Michel restera dans son cœur.

Magazine : France Dimanche
Date : du 6 au 12 avril 1996
Numéro : 2588

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