spot_img

Un triomphe dans Starmania (Presse)

L’article retranscrit

Le triomphe de l’opéra rock « Starmania » où elle joue, chante et danse, c’est sa manière à elle de fêter, au Palais des Congrès, cinq ans de bonheur avec son mari Michel Berger, qui en a composé la musique.

« Jour et nuit, dit France Gall, nous vivons dans Starmania, dans cette ville, dans ces souterrains ».

Depuis sa première triomphale, l’opéra rock fait salle comble tous les soirs au Palais des Congrès de Paris. France, qui est l’une des vedettes – elle incarne Cristal, une animatrice de TV – est radieuse.

« Avant, raconte-t-elle, je faisais de la scène et là on est seul au monde. Tandis que dans « Starmania » je fais partie d’une équipe, ce n’est plus le personnage France Gall, je tiens un rôle ; il y a des costumes, des dialogues chantés, un décor qui bouge et où il faut se mouvoir. Il faut aussi tenir compte des micros, les passer à l’un ou à l’autre pour qu’il puisse enchaîner.

C’est tout un travail nouveau et très intéressant. France ne supporte pas de s’ennuyer. A 26 ans, après dix ans de carrière, la créatrice toujours adulée de « Poupée de cire, poupée de son » (Grand Prix Eurovision en 1965) avait failli « décrocher ».

« J’en avais assez de chanter en vedette devant sept musiciens, je m’ennuyais. Je trouvais qu’un spectacle, ce devait être autre chose. Et puis je trouvais que les chansons que je chantais ne correspondaient plus à ce que j’étais ».

Mais en 1974, c’est la rencontre avec son futur mari, le compositeur Michel Berger. Depuis, France et lui ne se sont pas quittés. Et France, qui chante maintenant les chansons que Michel écrit pour elle, est retombée amoureuse de son métier. L’an dernier, déjà, elle a fait un « vrai » spectacle, « France Gall made in France », où entourée d’une troupe exclusivement féminine. Elle chantait et dansait sur la scène du théâtre des Champs-Élysées pendant deux heures et demie. « Je préfère, expliqua-t-elle alors, prendre des risques que tourner dans le ronron et faire comme tout le monde ». Elle partage le goût du risque avec son mari. Michel Berger en a de nouveau fait la preuve en montant « Starmania » sur scène. Un pari difficile, que Berger et le Québécois Luc Plamondon ont gagné. Il leur a fallu trois ans pour mener à bien cette entreprise. « Avec Luc, explique Michel Berger, nous avons travaillé deux ans sur l’écriture. Puis nous avons enregistré le double album avec des extraits de « Starmania ». Ensuite nous avons monté le spectacle à Paris. »

Forts de l’étourdissant succès du disque, ils avaient mis tous les atouts de leur côté pour réussir le spectacle. Sur le plateau d’abord, puisqu’aux côtés de France Gall, il y a Nanette Workman, Diane Dufresne, Fabienne Thibeault, Daniel Balavoine et les autres (soixante-dix personnes sur scène); dans les coulisses ensuite, car c’est Tom O’Horgan (« Hair », « Jésus Christ Superstar») qui a assuré la mise en scène de cet opéra rock, pourtant francophone; le tout servi par un solide budget : on parle de près de huit millions de francs. « Nous n’avons rien épargné, dit Berger, pour que ce soit le meilleur possible ». Après vingt-cinq représentations au Palais des Congrès – pas plus, car le Bolchoï lui succède en mai – « Starmania » est attendu à Montréal le 29 juin.

Pour une seule représentation. Mais ce sera au Stade Olympique où il y a 80 000 places. Ensuite petite tournée canadienne. Après … « Nous espérons aller un peu partout.

C’est un sujet très international puisqu’il traite du monde moderne. » Pour France, l’euphorie du succès se teinte d’un peu d’amertume : elle travaille tant qu’elle n’a pas le temps de s’occuper de sa fille Pauline, cinq mois.

“En ce moment, dit-elle, je ne me rends absolument pas compte que je suis mère. D’ailleurs ma fille ne me reconnaît pas : elle ne me voit que cinq minutes par jour”

J’en souffre horriblement. Heureusement, je sais que c’est provisoire. Alors, des vacances après « Starmania » pour retrouver, entre Michel et Pauline, les joies de la famille ?

« La dernière fois que j’ai annoncé que je prenais des vacances, répond France, je me suis fait, cambrioler. Alors je ne le dis plus. »

On la comprend !

Magazine : Paris Match
Par Jean-Claude Zana
Photographies de Garofalo
Numéro du 27 avril 1979
Numéro : 1561

Les photos

À découvrir

À découvrir