Je n’ai plus peur (Presse)

L’article retranscrit

Avec cet autoportrait diffusé par France 3 le 9 octobre, elle nous dévoile simplement tout de sa vie.

Des moments bouleversants qui suscitent une vive émotion.

« Je n’ai jamais autant appris que ces deux dernières années. Je n’ai plus peur de vous parler. J’ai appris à ne plus avoir peur. »

Après avoir pansé ses plaies dans un long et douloureux silence, France Gall sort enfin de l’ombre en signant un autoportrait diffuse mardi 9 octobre à 20h55 sur France 3. Sincère et bouleversante, elle évoqué sa vie faite de bonheurs et de drames. Séquences émotions …

France a chassé Isabelle

Avec ses frères jumeaux, Philippe et Patrice, elle fait les quatre cents coups. Plus tard, tous les trois formeront d’ailleurs un petit groupe. L’été, sur la plage, les garçons jouent de la guitare pendant que la sœurette pousse la chansonnette. Et Babou devient vite France. « J’ai pleuré quand on m’a changé mon prénom. Isabelle me correspondait mieux. Je trouvais cela trop dur. »

De bons débuts avec son père

Robert était chanteur. Après avoir décroché dans sa jeunesse un premier prix de chant au Conservatoire, il choisit de signer les textes des chansons. C’est d’ailleurs lui qui a écrit Sacré Charlemagne. « Mon père n’était pas un père banal. A dix-douze ans, il me réveillait parfois la nuit et me faisait rater l’école pour m’emmener sur la tournée de Charles Aznavour car il travaillait avec lui. C’est lui qui m’a poussé à faire ce métier. »

Traumatisée par « Les sucettes » de Serge Gainsbourg

Trop jeune, France est victime de son insouciance … A dix-huit ans, ravie qu’un artiste comme Serge Gainsbourg la prenne sous son aile, elle ne se méfie pas et chante innocemment les fameuses Sucettes a l’anis. « Je ne l’aurais jamais chantée si on m’en avait expliqué le sens. Ça m’a incroyablement blessée. Pire encore, ça a changé mes rapports avec les garçons. Je ne voyais plus en eux que des êtres lubriques. Je ne suis pas sortie pendant des mois. »

100% heureuse avec Michel

C’est en 1974. La vraie vie commence avec Michel. “Je n’étais pas très bien dans ma peau. Je n’avais pas trouvé mon équilibre”. Cette rencontre va bouleverser sa vie : « Enfin, je suis arrivée a être heureuse a cent pour cent. » Fous d’amour, ils se marient le 22 juin 1976.

Une soirée avec Elton John provoque la naissance de Raphael

France nourrit un rêve depuis toujours, celui de fonder une famille. Lorsque Pauline vient au monde, le 14 novembre 1978, c’est le bonheur absolu. Deux ans plus tard, la chanteuse se retrouve une nouvelle fois enceinte … Le 1er avril 1981, France et Michel dînent avec Elton John. La soirée est tout particulièrement joyeuse. Ils rient tellement que la chanteuse commence à accoucher. Et Raphaël arrive dans la nuit …

Tout bascule avec la maladie de Pauline

En avril 1982, trois mois après le Palais des Sports, à Paris, France et Michel apprennent la terrible maladie de leur fille, la mucoviscidose. « On a perdu notre insouciance définitivement ce jour-là. » il leur fallut alors apprendre à vivre normalement. Ils continuèrent tous les deux à chanter, mais l’un après l’autre. « Chacun avait son année. »

Tout quitter et changer de vie

En mars 1988, France annonce a Michel qu’elle souhaite arrêter de chanter. « Je n’ai pas réalisé le choc que ça a été pour lui. Je crois que je lui ai fait de la peine pour la première fois. »

Pendant plusieurs années, France hésitera entre ouvrir une galerie de peinture ou créer un journal. Mais Michel finit par la persuader de faire un nouveau disque. France accepte, à condition « qu’il laisse de la place à mes idées ». « Il est parti quinze jours à Los Angeles en ronchonnant et il est revenu avec Laissez passer les rêves. »

L’adieu à Michel

Le 2 août 1992, terrassé par une crise cardiaque, Michel Berger disparait brutalement.

« Je me suis sentie investie d’une force. La seule chose qui m’importait, c’était comment gérer le chagrin de mes enfants, comment faire en sorte qu’ils retrouvent une joie de vivre. » Puis vient l’heure abominable des funérailles. « Ils ne voulaient pas venir à l’enterrement et je leur ai dit : « Si vous n’y allez pas, je n’y vais pas ! Vous devez accompagner votre père et j’ai besoin de vous. » France se retrouve donc seule pour élever ses enfants.

Et l’accepte difficilement. “Ce n’était pas du tout prévu comme ça. Moi je m’occupais des enfants jusqu’à l’âge de dix-onze ans, et après c’est Michel qui devait prendre les choses en main. Je me suis donc retrouvé en charge de quelque chose que je n’attendais pas du tout.”

L’un des pires moments de sa vie

L’année qui suit la mort de Michel, les drames se succèdent dans la vie de la chanteuse. Comme son cancer du sein. « Ce fut l’un des pires moments de ma vie car lorsqu’on vous dit que vous avez un cancer, on pense qu’on va mourir. Et c’était insupportable pour moi. Non pas parce que j’allais mourir, mais parce que j’allais laisser mes enfants … »

Une disparition inhumaine

Le 16 décembre 1997, la mort emporte Pauline, l’enfant chérie, la petite fille tant aimée.

« Alors là, on ne le croit pas ! C’est justement le truc qu’on ne veut pas vivre, qu’on ne peut pas vivre, et pourtant on nous le fait vivre. C’est inhumain. » France décide alors de relever la tête et de tout faire pour survivre en intégrant cette idée d’avoir perdu un enfant. « Je me suis dit que c’était extraordinaire de l’avoir connue pendant dix-neuf ans. On me l’a reprise, mais on me l’a quand même donné pendant dix-neuf ans ! »

Aujourd’hui

Une à une, France Gall a su traverser les épreuves que la vie lui a infligées. Et comme elle le dit, « Ce n’est pas le bonheur qui nous fait évoluer. Ce sont ces choses incroyables qu’on nous donne à surmonter. Et je crois que je les aies surmontées. Aujourd’hui, je m’attends à une vie merveilleuse dans tous les sens du terme.

Magazine : Ici Paris
Par Emma Collet
Date : 2 au 8 octobre 2001
Numéro : 2935

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