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France Gall, l’album de sa vie (Presse) Télé 7 jours

L’édito : Chansons de France

Alors que s’organise le casting du candidat français à l’Eurovision 2018, Poupée de cire, poupée de son nous rappelle qu’en 1965 France Gall remportait le concours pour le Luxembourg. Cinquante-trois ans après, chacun redécouvre que ses chansons ont rythmé le quotidien de deux générations : le Sacré Charlemagne des débuts (1964), La Déclaration d’amour de son mari Michel Berger, ou Évidemment, dédiée à son ami Daniel Balavoine.

Sans oublier Il jouait du piano debout, Babacar ou Résiste (1981), qui avait récemment inspiré une comédie musicale à la chanteuse, désireuse de partager ce patrimoine artistique avec de jeunes talents et un nouveau public. Les années qu’elle a passées loin de la scène et des studios n’ont pas altéré notre souvenir de ses textes, légers ou forts, engagés ou nostalgiques, portés par cette voix immédiatement identifiable …

Claude Bosle, Directeur de la rédaction.

« Quand je l’observais en secret … » Par Laurent Boyer

La première fois que je l’ai vue, j’avais 10 ans.

Je suis de Noirmoutier, et la famille de France avait une maison là-bas, tout au bout de l’île, à La Linière. Je la trouvais tellement belle ! Je me planquais derrière la dune pour l’observer en secret quand elle venait avec ses amis. Elle était déjà très connue. Plus tard, j’ai souvent fait des émissions de radio avec elle pour RTL. Un jour, j’ai osé lui raconter ma petite histoire. Cela l’a beaucoup amusée, et peut-être même flattée. Elle me répétait en riant : “Ah, toi, quand même … “

France faisait très peu d’émissions de télé, mais elle m’a dit : « Ok, je vais faire Fréquenstar et je vais t’ouvrir les portes de notre maison en Normandie, que Michel (Berger, ndlr) adorait. » Nous étions en 1993. Michel venait de mourir quelques mois plus tôt (le 2 août 1992) et France venait juste d’apprendre qu’elle avait un cancer du sein. Elle était donc malade, encore sonnée par la disparition de l’amour de sa vie, et pourtant elle a été très généreuse, très simple, tellement sensuelle. Pour moi, c’était une icône. Mais je ne suis pas objectif.

Pour tout vous dire, dans les années 70, ma petite amie lui ressemblait beaucoup, et je me souviens m’être précipité pour acheter des billets pour la voir en concert quand est sorti l’album Dancing Disco, en 1977 (vendu à plus de 500 000 exemplaires), avec Musique, Si, maman si, Ce garçon qui danse … Mais mes deux chansons préférées sont Évidemment (1987) et Cézanne peint (1985).

La dernière fois que nous nous sommes vus, c’était à Noirmoutier, l’été 2015. Elle était venue assister au concert du Michel Jonasz Quartet, avec Manu Katché à la batterie, dont elle adorait le jeu. Nous étions en coulisses, collés à la scène, juste derrière la console de mixage. Après, nous avons passé des heures dans la loge de Michel Jonasz à boire et à discuter. Elle était tellement simple, si aimable. Avec Michel Berger, ils formaient un pluriel très singulier. »

Propos recueillis par Frédérick Rapilly.

Télé 7 Jours
Par Laurent Boyer
Propos recueillis par Frédérick Rapilly
20 janvier 2018
Numéro : 3008

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